Le Comité des régions d’Europe tire le bilan de la conférence sur le changement climatique de Copenhague
Puisque la conférence au sommet COP 15 n'a pas abouti à un accord international juridiquement contraignant, ce sont les dirigeants locaux et régionaux qui devront prendre le relais et faire de l'accord de Copenhague un succès dans les faits."Les dirigeants du monde entier n'ont fait que la moitié du chemin à Copenhague en reconnaissant les faits scientifiques concernant l'augmentation des températures dans le monde, ainsi qu'avec leurs engagements politiques de réduire les émissions et d'aider financièrement les pays en voie de développement à lutter contre le changement climatique. Nous n'avons plus de temps à perdre et nous devons passer maintenant à la vitesse supérieure. Faire de l'accord de Copenhague un succès nécessite une action engagée, audacieuse et concrète des régions et des pouvoirs locaux sur le terrain. En l'absence d'engagement local et régional, l'accord de Copenhague ne vaudra pas plus que le papier sur lequel il est écrit", a déclaré Luc Van den Brande, le Président du Comité des Régions de l'Union européenne, lors de la conclusion de la conférence des Nations Unies sur le changement climatique.
 
À Copenhague, les dirigeants du monde entier ont pris acte du point de vue des scientifiques selon lequel la hausse des températures dans le monde ne devait pas dépasser 2 degrés Celsius et ils ont rappelé qu'une plus grande transparence est nécessaire dans la manière de réduire les émissions. "Maintenant, ils attendent que des milliers de dirigeants locaux et régionaux engagent leurs régions, leurs villes et leurs communes et incitent leurs concitoyens à entreprendre et à s'approprier les actions concrètes nécessaires pour donner vie à l'accord de Copenhague et parvenir ainsi à un changement réel. Leur responsabilité sera non seulement politique, car ils devront expliquer ce défi à leurs électeurs, mais également financière, car ils devront trouver les ressources appropriées", a déclaré M. Van den Brande.
 
"Cela ne sera pas une tâche facile pour de nombreuses régions qui luttent contre l'impact de la récession économique, mais le Comité des régions appelle tous les échelons infranationaux de gouvernement à faire l'effort d'investir dans la lutte contre le changement climatique – le prix à payer est faible au regard de l'enjeu qu'est l'avenir de notre planète", a souligné le Président.
 

Lors d'une manifestation spéciale organisée par le Comité des régions en marge de la conférence de Copenhague, M. Van den Brande a rappelé que le Comité des régions s'engageait à intensifier sa coopération en la matière avec les pouvoirs infranationaux dans d'autres pays. Au début de 2010, le Pacte des maires de l'UE , dans lequel le CdR s'est fortement investi, signera un accord formel avec la Conférence des maires américains afin d'échanger leurs meilleures pratiques et de créer un programme de "jumelage vert" entre les villes des deux rives de l'Atlantique. "À la suite du demi-succès de la conférence de Copenhague, ce sont maintenant les pouvoirs régionaux et locaux eux-mêmes qui devront investir la sphère internationale. Nous prévoyons de prendre l'initiative de proposer son extension à d'autres partenaires dans le monde entier, que ce soit dans des pays hautement industrialisés ou des pays en voie de développement. En unissant nos efforts, nous serons en mesure de réduire de manière significative les émissions de CO2 et d'assumer nos responsabilités dans la lutte contre le changement climatique, quel qu'ait été le résultat de la conférence COP 15", a déclaré M. Van den Brande.
 
Mme Elizabeth Krautz, la vice-présidente de la Conférence des maires américains, a ajouté: "Bien que notre gouvernement n'ait pas agi en 2005, les maires américains sont allés de l'avant. En effet, les maires des Etats-Unis ont signé de leur propre chef le protocole de Kyoto et ont fait pression sur le Congrès et le Président afin qu'ils reconnaissent combien il est crucial d'agir pour protéger le climat et sauver la planète. Mme Krautz a fait également allusion à la force de l'opposition que les accords internationaux sur le climat rencontrent au sein du Sénat américain et a déclaré: "Notre organisation va concentrer toutes ses forces et peser ainsi de tout son poids sur les sénateurs américains pour les mobiliser. Ensemble, le Comité des régions et la Conférence des maires américains changent le cours des événements".
 
Le président du CdR a également souligné que le Comité des régions s'était engagé à travailler avec les pouvoirs de niveau sub-étatique dans le monde en développement pour faire en sorte que les engagements en matière de financement pris à Copenhague soient traduits en actions dans les faits. “L'Accord de Copenhague sur le financement en vue d'aider les pays en développement à réduire leurs émissions constitue bien sûr un très grand pas en avant, mais donner simplement de l'argent ne suffit pas, il faut aussi instaurer une véritable coopération sur le terrain, au niveau où l'argent sera dépensé, pour garantir qu'il est effectivement investi. En vertu de son engagement en faveur de la coopération décentralisée, le CdR est le mieux placé pour faciliter cet échange de meilleures pratiques entre les collectivités locales et régionales de l'UE et le monde en développement, processus qui a été engagé début décembre avec la tenue des premières «assises» de la coopération décentralisée à Bruxelles. Le Comité est déterminé à poursuivre sur cette bonne voie et à faire en sorte que la lutte contre le changement climatique reste au coeur de la politique de développement de l'UE et que les objectifs de Copenhague soient concrétisés en Europe et dans nos pays partenaires.”
 
 
L'événement organisé par le CdR à Copenhague a reçu le soutien d'un large éventail d'associations locales et régionales du monde entier, dont les membres sont activement engagés dans la lutte contre le changement climatique au niveau local, parmi lesquels le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, l'Assemblée des régions d'Europe, EUROCITIES, Energie-Cités et le réseau NRG4SD.
 
Une nouvelle plate-forme de suivi du changement climatique créée par le CdR facilitera les échanges de meilleures pratiques entre les signataires du Pacte des maires et leurs homologues ailleurs dans le monde. Cette plate-forme permettra aux régions et aux villes de partager leurs expériences dans une gamme étendue d'activités liées aux changements climatiques. La première phase du projet démarrera en 2010 avec la publication d'un guide des meilleures pratiques en matière d'énergie durable.
 
 
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Christian Gsodam
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