TEC 220 - Electro Mobilité : Evolution ou Révolution ?
31/12/2013
EDITORIAL - B. BASSET, ATEC ITS FRANCE ; A.S. JAMET, Mairie de Paris ; F. LEURENT, ENPC-LVMT; S. SELLAM, IFSTTAR

 

Au cours du 20ième siècle, la motorisation électrique s’est imposée pour une grande partie du transport ferroviaire sous diverses formes interurbaines et urbaines. En parallèle, l’automobile est devenue le principal vecteur des déplacements dans les pays développés, et ce sans être électrique, grâce au pouvoir énergétique et à  la simplicité d’usage du carburant liquide. 

 

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Des performances enfin satisfaisantes Renaissance du véhicule électrique ? - Jean DELSEY, Directeur de recherche émérité - IFSTTAR
 
Rappels historiques
 
À la fin du 19e siècle, l’innovation liée à l’électricité et à ses applications industrielles se poursuit avec l’automobile naissante. 
C’est ainsi qu’à l’aube du 20e siècle, dans le monde et principalement en France, le marché automobile est partagé entre trois types de motorisations :
 
• motorisation électrique avec batteries rechargeables : propre, mécaniquement simple, performante, démarrage instantané,… mais autonomie limitée, long temps de recharge en
énergie… et infrastructure de recharge inexistante ;
• motorisation thermique avec moteur à combustion interne : polluante, mécaniquement complexe, démarrage à la manivelle,… mais autonomie suffisante, temps de recharge en énergie très court, avec un carburant liquide à température ambiante,… et facilité de transport de l’énergie en bidon sur tout le territoire ;
• motorisation thermique avec machine à vapeur : polluante, mécaniquement simple et très connue,… mais mise en route très longue et temps de réponse à l’accélération.
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Du véhicule électrique au système d’électro-mobilité : une composition par re-conception et innovation - S. SADEGHIAN & F. LEURENT; D. LUCAS

 

La voiture électrique au sens strict, dont l’alimentation en énergie est purement électrique, est confrontée au surcoût de la batterie, surcoût d’autant plus fort que la batterie a une plus grande capacité afin d’augmenter l’autonomie - qui cependant reste limitée. Dans ces conditions techniques et économiques, comment optimiser la voiture électrique afi n qu’elle séduise des clients en nombre suffi sant pour atteindre des économies d’échelle ? Tel est le grand défi posé, en première ligne, aux constructeurs automobiles.

 
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Siemens propose une solution respectueuse de l’environnement pour les bus à haut niveau de service - N. URIEN, N. CHANCLOU, Siemens France

 

e-BRT, la solution 100 % électrique et sans fils, par des bus rechargeables en stations

Les autorités organisatrices des transports public sont confrontées partout dans le monde à la nécessité de développer l’offre de transport à travers la réalisation de systèmes performants, respectueux de l’environnement et compatibles avec leurs contraintes budgétaires. Le bus à haut niveau de service (BHNS) est une solution répondant à ces besoins dans de nombreuses agglomérations. Siemens a entrepris le développement d’une solution intégrée permettant de réaliser une ligne BHNS 100 % électrique à biberonnage en station. Ce système, dénommé e-BRT, présentera tous les avantages du Bus Rapid Transit en zéro émissions et sans avoir l’inconvénient des lignes aériennes de contact.

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Le potentiel du véhicule électrique auprès des ménages français à l’horizon 2023 - E. WINDISH, Ecole des Ponts Paris Tech, LVMT

 

 

Au cours des dernières années, les véhicules électriques (VE) ont été placés au premier plan des politiques de transport nationales et internationales. Ils sont considérés comme un antidote à une myriade de problèmes publics pressants et, de ce fait, bénéficient d’un nombre croissant de mesures de soutien mises en place par les pouvoirs publics et potentiellement coûteuses. Toutefois, ces mesures restent très controversées. Leur effet sur les taux d’adoption des véhicules, leur durabilité, leur utilité et leur justifi cation sont loin d’être évidents.

 

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Usages du véhicule électrique et styles de gestion de l’autonomie restreinte - Cl. NGYUEN, Renault et Télécom ParisTech; B. CAHOUR, CNRS Télécom Paris

 

Introduction
Le véhicule électrique (VE) est désormais sur le marché et sur des sites d’auto-partage, ses avantages écologiques sont bien sûr loués et la ville de demain, moins bruyante et moins polluée qu’il laisse imaginer nous réjouit ; mais une ombre persiste, à savoir son autonomie plus restreinte que le véhicule thermique. 
S’agit-il d’une appréhension a priori et qu’en est-il vraiment de la gestion de l’autonomie restreinte ? Est-ce un véritable frein ou pas, et l’est-ce pour tous ? Nous faisons le point de la littérature sur ce sujet et présentons une partie d’un travail de thèse de doctorat [28] sur le sujet.

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Une gouvernance de transport : AUTOLIB’ - P. LE CŒUR, Pôle Mobilité Electrique -Mairie de Paris

 

Elles font désormais partie du paysage parisien ; ces petites voitures « bluecar » (de couleur grise), toutes électriques ; une innovation exemplaire qui fait la fi erté de la Capitale : Autolib’ un vrai succès à la fois commercial, technologique et surtout de concept en éco – mobilité. La Ville de Paris a entrepris une vaste politique de reconquête de l’espace public au profit du transport collectif (couloirs de bus), du vélo (vélib’), de la marche (nombreux aménagements piétonniers), etc. Le dispositif Autolib’ s’inscrit dans ce bouquet de service à la mobilité dans le cadre d’une politique globale qui vise à rééquilibrer le partage de la voirie entre tous les usagers en réduisant la circulation automobile : une diminution de près de 25 % mesurée surces dix dernières années.

Quand un déplacement court en véhicule motorisé apparaît nécessaire

? offrir un autre choix à la voiture individuelle !

 

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L’expérience de La Poste - R. SIMON, La Poste/Direction technique du courrier

L’électro-mobilité est aujourd’hui à La Poste une réalité. Ce projet d’entreprise, mobilise l’ensemble de ses collaborateurs, des facteurs au Président, en passant par les services supports techniques et achats.
Pour faciliter l’émergence des véhicules électriques, La Poste est sortie de son rôle de simple utilisateur de véhicules. Elle est aujourd’hui acteur à part entière de l’écosystème véhicule électrique notamment au travers de sa filiale dédiée Greenovia, que ce soit en participant activement à des projets de recherche et développement, en accompagnant des constructeurs et industriels ou en fédérant les besoins des flottes. Le projet de déploiement d’une gamme complète de véhicules électriques pour les facteurs, est conçu comme un véritable projet industriel d’entreprise, incluant des composantes techniques, économiques, organisationnelles et comportementales. 

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Politiques publiques et déploiement des véhicules électriques - F. LEURENT & E. WINDISCH, LVMT

Introduction

Depuis 2007, la voiture électrique est revenue au centre de l’espace médiatique dans le monde automobile. En effet, certains constructeurs ont proposé de nouveaux modèles plus performants : en particulier Renault offre toute une gamme de véhicules purement électriques à des prix rendus plus abordables. Surtout, les qualités du véhicule électrique pour l’environnement sont vantées par les écologistes, relevées et communiquées avec enthousiasme par les médias et, finalement, promues par les pouvoirs publics eux-mêmes.

 

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Fourniture d’énergie pour les véhicules électriques : les enjeux du déploiement de l’infrastructure - C. DUPEUBLE, Citeos; N. PLANTEAU DU MAROUSSEM

En novembre 2013, Carlos Ghosn annonce lors d’une interview au Financial Times que Renault-Nissan n’atteindra ses objectifs de vente de véhicules électriques (VE) qu’avec quatre ans ou cinq ans de retard. Le manque d’infrastructures de recharge en France est alors pointé du doigt. Christophe Chèvreton, responsable du développement des marchés du véhicule électrique chez Renault souligne que « la réussite du véhicule électrique passe par une infrastructure de charge disponible et visible ». Même si le retard peut aussi s’expliquer par le coût encore élevé des batteries, le manque d’autonomie des véhicules et le temps de recharge élevé, l’installation de bornes de recharge dans les parkings et sur la voirie est un facteur clé de succès pour le développement de ce nouveau type de mobilité. 

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Les véhicules électriques pour le transport de fret urbain - E. MORGANTI & L. DABLANC, SPLOTT- IFSTTAR

 

La mobilité des marchandises en zone urbaine

Le transport routier constitue le mode dominant pour le transport  de marchandises en ville, avec en moyenne 90 % du tonnage de marchandises transporté par la route. La plupart de ces opérations sont réalisées par des camionnettes et des fourgons diesel et provoquent des externalités négatives telles que la congestion, la pollution de l’air et le bruit. Ces dernières années, les administrations publiques ont défini des politiques pour encourager les opérateurs de transport urbain à remplacer leurs vieux véhicules utilitaires avec des véhicules électriques (VE). Les constructeurs aussi ont amélioré les prestations de ces véhicules et créé de nouvelles solutions de transport. 

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L’électricité et les transports urbains : que nous apprend l’histoire ? - J. LATERRASSE, Professeur émérite, Univ. Paris Est, LVMT

 

La compétition entre les modes de traction est à peu près aussi ancienne que la mécanisation du
transport elle-même : les premières voitures dotées de moteur à vapeur font leur apparition en
Angleterre dans les années 1830 ; le célèbre moteur à deux temps de l’ingénieur belge Étienne
Lenoir est expérimenté en 1859 ; la voiture conçue par Amédée Bollée pour transporter une douzaine de personnes à 40 km/h (« l’Obéissante ») roule en 1873 et son omnibus à vapeur en 1876 ; le premier carburateur est inventé par Georges Brayton en 1872, tandis que le moteur à pétrole de Rudolph Diesel fait son apparition en 1893.

 

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la voiture électrique : espoir d’une mobilité durable ou soubresaut d’une « automobilité » dominante ? - F. HERAN, Univ de Lille S. PELISSIER, IFSTTAR

 

 un débat entre Frédéric Héran (Université de Lille)

et Serge Pélissier (IFSTTAR),
animé par Samuel SELLAM 
 
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